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COMME OCÉAN

Les Anses martiniquaises, la suite.

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Après la Petite-Anse d’Arlet, l’Anse Chaudière et l’Anse à l’Âne, en moins de trente minutes, nous avons jeté l’ancre à l’Anse Mitan. Située sur la façade Sud de la baie de Fort-de-France, cette anse offre une vue panoramique sur la capitale. L’Anse Mitan affiche un contraste saisissant. Elle est reconnue comme un refuge de résidences secondaires pour les habitants avides de fuir l’agitation urbaine de Fort-de-France durant la fin de semaine ou les vacances. Pourtant, sa plage est très animée. Elle regorge de bars, de restaurants et de buvettes. À un jet de pierre, d’autres bars, restaurants et petites boutiques sont regroupés à même un espace piétonnier joliment aménagé, appelé le Village créole.

La plage de l’Anse Mitan, qui s’étend sur environ un kilomètre, est très fréquentée et les sports nautiques motorisés sont à l’honneur : les bruyantes motomarines qui zigzaguent autour du mouillage, souvent en groupe, les bateaux munis d’une bouée tractée ou d’un parachute, sans oublier les catamarans, voilés en apparence, mais généralement propulsés au moteur; ils sont bondés de touristes partis en excursion pour la journée. À bord, le villégiateur sera servi selon le type de sensation qu’il souhaite ressentir : vitesse sur l’eau et dans les airs ou journée bien arrosée où on vous offrira de larguer les amarres pour admirer les côtes de la baie de Fort-de-France, agrémenté de planteurs[i] à volonté et de musiques tonitruantes jusqu’à tard en soirée.

À proximité, une petite crique appelée la Pointe du Bout est aussi très fréquentée, notamment sa station balnéaire entourée d’une petite plage artificielle très calme. C’est dire, les abords de la baie de Fort-de-France en offre pour tous les goûts. À vous de choisir !

De l’Anse Mitan ou de la Pointe du Bout, il est très facile de se rendre à Fort-de-France grâce à un service de navettes très efficace et peu coûteux. En vingt minutes, vous traversez la baie et rejoignez la capitale. N’y étant pas retournés depuis quelques années, une escapade fut très agréable. Fort-de-France est certes grouillante, mais elle accusait un calme de style covidien sans l’affluence des bateaux de croisière. Sans être déserts, le grand marché et les rues souffraient de l’ambiance mercantile habituelle.

Pour compléter notre tour de la côte Sud de la baie, il ne manquait plus qu’une virée au mouillage des Trois Îlets. En une trentaine de minutes nous y étions. Encore là, le dépaysement fut total. La baie est peu profonde et est bordée d’une mangrove. Cela dit, l’eau est trouble et le fond boueux. Le vieux bourg des Trois-Îlets était très calme, je dirais même trop calme, voire inanimé; la plupart des commerces affichaient « fermé ». Nous qui voulions y faire quelques emplettes, ce fut peine perdue. Heureusement, la buanderie a maintenu son horaire 24/7. Nous pouvons dire que ce fut un saut de quelques heures, le temps de laver notre linge.

Nous avons ainsi changé nos plans en mettant le cap sur la rade de Saint-Pierre, soit à une quinzaine de miles nautiques vers le Nord. C’est une escale que nous apprécions toujours. Le mouillage est particulier avec sa mince bande peu profonde qui descend abruptement à une centaine de pieds, mais nous nous y sentons chez nous. La baie et sa plage de sable volcanique font face aux contreforts de la Montagne Pelée qui, sans cesse, nous rappelle l’éruption qui a rayé la ville en 90 secondes le 8 mai 1902.

Et la langue française ? Elle souffre aussi en Martinique !

Je ne peux m’empêcher de glisser quelques phrases sur l’envahissement du franglais en Martinique. La belle île n’échappe pas au tsunami de mots anglais insidieux qui, malheureusement, s’insèrent dans sa belle culture; et ce, malgré sa fibre profondément francophone. La Martinique est en effet rattachée à l’Hexagone comme Collectivité territoriale unique, ainsi que sa créolité, ancrée solidement dans ses racines. La Francophonie saura-t-elle s’inspirer du Québec ? Il demeure un exemple pour la défense de sa langue officielle, le français, nonobstant l’enjeu auquel nous faisons face actuellement.

J’ose espérer que cet important organisme, voué à la promotion et au développement du français, s’attaquera sérieusement, et très bientôt, à cette grave problématique. Il en va de la préservation de l’importante diversité culturelle et linguistique de la francophonie, forte de 300 millions de locuteurs, répartis sur les cinq continents.


[i] Un planteur est un cocktail composé de rhum blanc, jus de fruits, sirop de canne, citron vert pressé et cannelle.


Auteur : Marlène

Professionnelle en relations publiques, passionnée de voile et auteure.

3 réflexions sur “Les Anses martiniquaises, la suite.

  1. Chère Marlène, Merci beaucoup pour ces beaux récits qui nous donnent l’impression de les vivre ! Tes expériences donnent me donnent le goût de retourner à la Martinique 🙂

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  2. Bonjour è vous deux,
    Vous allez devenir des guides touristiques chevronnés de la Martinique. Que de beaux endroits vous nous faites découvrir. Jolie photo de vous deux prise à la St-Valentin et en plus, des langoustes. Quel festin. A+

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  3. Bonjour Marlène,

    toujours intéressant à te lire . Tes descriptions nous donnent le sentiment d être avec toi. Ces redécouvertes semblent encore vous ravir, c’ est ça l’ important. Au plaisir de lire tes prochaines publications. merci de partager. Guylaine xx

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