BLÜ

COMME OCÉAN

Première navigation de nuit : 28 heures non-stop

Poster un commentaire

Le plan initial était de naviguer de Sandy Hook à Cape May, un trajet d’environ 140 NM bien connu des « voileux » qui se dirigent au sud. Arrivés à Cape May, nous avons décidé de poursuivre notre route et de traverser la baie du Delaware, soit d’ajouter 70 NM à notre parcours initial. Nous avons navigué 28 heures non-stop. Une superbe belle expérience.

Cette traversée représentait ma première navigation de nuit complète, en Atlantique. Oui, j’ai ressenti le trac à l’idée de foncer dans le noir en mer, mais j’avais hâte de vivre l’expérience. Je dois dire que je me considère privilégiée car mon capitaine et amoureux, Paul, est un skipper chevronné.

Des prévisions météo non favorables pour la voile

Partis à 11 h 30 de Sandy Hook avec le soleil et la chaleur avec nous, les prévisions météo, en termes de direction du vent, étaient au rendez-vous. Toutefois, l’intensité du vent prévue à 15 nœuds ne s’est pas matérialisée. Notre seule tentative de naviguer sous voile, vers 3 h 15 du matin alors que le vent semblait s’établir, fut de très courte durée. La grande voile est donc retournée dans le mât et nous avons poursuivi notre trajet à moteur avec le *foc de route seulement… pendant quelques heures seulement ! C’est donc malheureusement à moteur que nous avons parcouru 210 NM.

Quant à la houle, environ un mètre, rien d’incommodant. Nous avons bien sûr vécu un épisode inconfortable mais, je ne suis pas souvent sujette au mal de mer. J’ai même fait réchauffer un bouillon de poulet et nouilles. En pleine nuit, cela nous a donné un coup d’énergie additionnel.

Une navigation de nuit captivante

Que dire de la navigation de nuit ? Premièrement, nous sommes toujours occupés, même si nous naviguons sur pilote automatique. On doit vérifier régulièrement les alentours en faisant un 360◦, à vue et avec les jumelles, regarder le GPS et le radar, ainsi que les informations transmises par Automatic Identification System (AIS) ou transpondeur. L’AIS permet de connaître les données des autres bateaux et de transmettre les nôtres. Ceci inclut la position, la direction, la vitesse, l’envergure, le nom, etc. des navires dans un rayon d’une vingtaine de milles. L’AIS nous avertit aussi en cas de risques de collision. Nous pouvons donc modifier notre direction.

Nous avons navigué à une distance de 6 à 8 miles de la côte afin d’éviter les chalutiers et autres bateaux de pêche, ainsi que les zones marquées « fishing area » avec leurs nombreux flotteurs. À cette distance, on aperçoit les lumières de la côte, et particulièrement celles d’Atlantic City, multicolores et clinquantes. Arrivés à ce point, nous avions parcouru les deux tiers de notre route initiale.

Au fur et à mesure que BLÜ avalait les milles et s’enfonçait dans la nuit, le temps est passé. Ce temps n’était pas vide. Il était meublé d’une multitude d’occupations nécessaires et captivantes. En plus des cargos et des barges à surveiller, nous suivions le trajet de deux autres voiliers munis d’un AIS qui naviguaient derrière nous.

Je me suis rapidement habituée à être de garde lorsque Paul vérifiait des données à l’ordinateur dans la cabine et piquait un petit somme. Que dire du coucher de soleil, digne d’une carte postale. Et, lorsque la nuit s’est installée, la lune qui nous tenait compagnie tout en éclairant le côté babord du bateau. J’ajoute à ces moments magiques le lever du soleil avec ses rayons jaunes violacés. Ensuite, c’est Cape May qu’on aperçoit, toute ensoleillée. Ce serait inexact de dire que nous étions top shape au petit matin, comme lorsqu’on se lève. Mais la clarté apporte une énergie indescriptible.

La baie du Delaware, mal aimée

Le temps d’avaler nos céréales et de boire notre café espresso – café latte pour moi, oui ça me le prend – alors que Paul analysait les prévisions météo et les données sur la marée pour la baie du Delaware, nous étions partants pour ajouter 70 NM à notre parcours.

Cette baie est mal aimée de tous, incluant des américains qui la qualifient de “nasty body of water”. Tous les ouvrages recommandent de la traverser lorsque les conditions sont favorables : courant de marée, vent, etc.

La baie du Delaware fait 50 milles nautiques. Il n’y a aucun endroit pour s’ancrer. Le fond est rempli de casiers à crabes. Il faut donc suivre le chenal commercial balisé où circulent les cargos. Il est suffisamment large et profond, respectivement 1000 et 40 pieds. Pendant un bon moment, il y a eu de la brume dense et nous avons, à nouveau, ouvert le radar. Les nombreux phares à corne de brume et bouées à gongs le long du parcours accomplissent d’ailleurs un travail nécessaire. Ceci dit, le courant de marée favorable nous a permis d’atteindre plus de 9 nœuds sur un long trajet.

Bref, nous pouvons dire que nous sommes arrivés à la bonne heure pour naviguer dans cette baie. Certes nous étions fatigués lorsque nous avons atteint la ville de Delaware, mais heureux d’avoir franchi une étape de plus à notre parcours.

*Foc de route installé sur l’enrouleur par prudence avant le voyage.

Auteur : Marlène

Professionnelle en relations publiques et passionnée de voile.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s