BLÜ

COMME OCÉAN

BLÜ au repos à Saint-Martin. Paul et Marlène de retour à Montréal.

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Des Îles vierges britanniques, nous avons traversé à Saint-Martin le 20 mars dernier. Cette traversée de nuit a été la dernière de notre saison de voile et, à l’instar de d’autres traversées, elle fut très tranquille. Partis tôt, nous avons dû ralentir car nous serions arrivés dans la baie de Marigot en pleine nuit.

Quelques jours après notre arrivée, BLÜ est sortie de l’eau et a été démâtée au chantier naval de Polypat. Le démâtage est une exigence du chantier car Saint-Martin se situe dans la zone des ouragans*. Toutefois, cette région n’a pas été touchée par un ouragan depuis plusieurs années.

À North Hero, les bateaux étaient sortis et mis à l’eau avec un travel lift mais ici, ce travail est effectué avec une grue. Retenue par des courroies, la grue a d’abord déposé le bateau sur une remorque. Quelques jours plus tard, BLÜ était à nouveau dans les airs pendant que son ber était fabriqué sur mesure et assemblé avec des billots de bois ! BLÜ sera également retenue par des sangles jusqu’à la fin de la saison cyclonique, soit fin novembre.

Saint-Martin, tant du côté français qu’hollandais, a développé une grande expertise maritime. Les marinas et les chantiers navals y sont bien implantés et reconnus. On y trouve tous les services et les équipements se vendent à des prix raisonnables, comparativement aux Îles vierges britanniques. Il faut dire que Saint-Martin est libre de droits de douanes et de TVA. Il y a seulement une taxe de 4 % appliquée sur les achats.

Nous avons ensuite effectué un travail important de « déshabillage » afin d’enlever tout ce qui pourrait avoir une prise au vent : le bimini, le dodger et l’éolienne. Les panneaux solaires ont aussi été enlevés, grâce à l’aide de Patrice (Aldebaran). À l’intérieur du bateau, tout a été nettoyé et rangé et les réservoirs d’eau ont été vidangés, sans compter le remisage du desalinisateur dont la membrane trempe dans une solution spéciale.

On ne se plaindra pas de la chaleur, mais le bateau étant exposé au plein soleil et installé sur son ber, nous quittions le chantier vers midi. D’ailleurs, nous levons notre chapeau à tout le personnel du chantier pour leur ardeur au travail ! Finalement, une fois les travaux d’entreposage terminés, c’est avec un pincement au cœur que nous avons laissé notre bateau, après plus de six mois de navigation.

Saint-Martin côté français…

Nous avions hâte de connaître Saint-Martin, particulièrement le côté français afin de retrouver de la qualité et de la diversité en matière d’approvisionnement en nourriture. Et nous avons été comblés ! À Marigot, sur certains points, c’est un peu la France que nous avons retrouvée : baguettes, croissants, pâtisseries, charcuteries, vins, bons restaurants, etc.

Toutefois, il est frappant de constater à quel point Marigot, et probablement tout le côté français de l’île, s’anglicise. L’affichage anglais est prédominant et nous sommes souvent abordés en anglais d’abord ! Inutile de dire que cette situation est très décevante.

Du côté de l’ambiance, les touristes affluent de partout et le centre-ville fourmille d’activités. Comme dans la plupart des villes touristiques du sud, devant le front de mer, il y a un marché en plein air qui regorge de kiosques où on peut acheter les mêmes T-shirts, à peu près au même prix partout. Bien sûr, il y a quelques étals d’articles artisanaux plus intéressants mais ils sont peu nombreux. Sur une note un peu plus pittoresque, deux fois par semaine, des marchands offrent leurs productions locales de rhum, d’épices, de fruits, sans oublier les belles prises du jour. Un peu plus loin, sous un chapiteau, un groupe aux mains expertes faisait résonner des rythmes emballants au tam-tam.

Nous n’avons pas eu le temps de nous promener sur l’île et nous nous promettons de le faire en voile une prochaine fois. Par contre, la visite au Fort Louis s’imposait. Comme tous les forts, le Fort Louis domine la ville et a été construit en 1789 afin de la protéger des envahisseurs. La vue sur la baie de Marigot et vers Anguilla, au nord, est imprenable.

La baie de Marigot est immense et de nombreux voiliers – venus de plusieurs pays – y ont élu domicile. Notre arrêt à Saint-Martin marque la fin de notre première saison de voile dans le sud et le début d’une navigation plus prévisible. Depuis les Bahamas, les vents dominants de l’alizé qui soufflent d’est en ouest faisaient en sorte que nous naviguions face au vent. Ainsi, parfois nous devions attendre plusieurs jours avant que des conditions de navigation favorables nous permettent d’avancer vers le sud-est. La prochaine saison de voile se promet d’être plus prévisible et intéressante grâce à des vents de travers qui nous permettront de descendre plus aisément vers le sud.

Ceci dit, nous sommes très satisfaits de notre voyage. Nous avons vécu une très belle aventure et avons gagné beaucoup d’expérience et d’assurance. Pour ma part, après sept navigations de nuit, j’ai acquis une certaine aisance. Toutefois, j’aimerais naviguer plus longtemps qu’une trentaine d’heures d’affilées et faire des quarts plus longs. Ça nous permettrait, par exemple, de naviguer plusieurs jours et de donner un meilleur répit à mon capitaine.

Du 44e au 18e parallèle nord

Plus de six mois à vivre sur notre voilier, partis du lac Champlain (N.44 50.196 – W.073 18.102) et naviguant jusqu’à Marigot, Saint-Martin (N. 18 04.09 – W. 063 05.578), c’est une longue route. Petit à petit, le froid a fait place à la chaleur du sud et à une eau variant du noir au brun et ensuite, du bleu outremer au turquoise et au vert émeraude. Dans l’ordre et/ou le désordre !

Tous ces milles nautiques parcourus nous ont fait vivre des moments inoubliables, souvent heureux, voire euphoriques ou incrédules, parfois préoccupés par des conditions météo non avérées mais jamais dangereuses.

Nous avons rencontré de nombreux navigateurs, tous animés par leur passion de la mer et du voyage. Nous nous sommes faits de nouveaux amis et avons vécu des moments forts à nous côtoyer et à partager nos expériences de navigation mais aussi humaines.

Avons-nous changé ? Oui et non, car nous demeurons les mêmes personnes quoique certains de nos amis nous ont trouvés plus zen… reposés. Après un peu plus d’une semaine de retour au bercail, nous sommes heureux de nous retrouver dans « nos affaires ». Ça fait un peu bizarre de ne plus faire autant attention à la gestion de l’eau, à l’espace dont nous disposons, à la facilité des déplacements.

Bref, nous nous sentons très bien sur notre bateau mais nous sommes aussi très heureux chez nous ! Nous avons en tête de nombreux souvenirs et le prochain article traitera justement des moments phares de notre périple, photos et vidéos à l’appui.

Alors, restez connectés car le voyage n’est pas terminé !

*Saint-Martin est au 18e parallèle alors que la zone hors ouragan se situe au nord du 12e parallèle.

Auteur : Marlène

Professionnelle en relations publiques et passionnée de voile.

2 réflexions sur “BLÜ au repos à Saint-Martin. Paul et Marlène de retour à Montréal.

  1. Good that they arrived well
    God bless you forever and thank you for your attentions with me.

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  2. Wow! Tellement beautifûl ! X

    Envoyé de mon iPhone

    >

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